Chroniques printanières 2024

Et oui, le podcast revient (enfin !) après quelques mois de pause, pour parler de lecture pendant ton été !


Bienvenue sur les Chroniques printanières ! Dans ces chroniques, je vais vous partager une partie des livres que j’ai aimé croquer entre mars et mai 2024. Je vous propose donc un épisode un peu plus long que d’habitude. Et c’est pas plus mal, car cela permet de reprendre le podcast tranquillement 😉 Et oulalala, que j’ai eu du mal à enregistrer cet épisode et reprendre le micro, je ne suis toujours pas satisfaite mais j’ai décidé que mieux vaut un épisode pas parfait que pas d’épisode ! Ca s’entend, je bégaie, je suis un peu hésitante, j’ai la voix un peu robotique par moment… Mais c’est mieux que rien ! Et j’en profite pour lancer un format qui est « mixte » , avec un dialogue entre le blog et le podcast !

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Je vais développer certains livres ici et pas sur le podcast, je vous mets les “inédits” en fin d’article.

Catégorie Adulte : Où je vais vous parler plutôt de textes courts, et de deux gros romans

  • Déracinés de Fanny Laurent. Merci à l’autrice pour cet envoi de service presse qui m’a permis de découvrir ce court roman sur un point de l’Histoire de France peu resplendissant du XXe siècle (c’est fouuuu !)

« […] Il ne parvient toujours pas à réaliser que Maman Hoareau l’a vendu à la France. »

Les déracinés, Fanny Laurent

On suit l’histoire de Gabriel qui est un petit garçon réunionnais qui vit avec ses frères et sa mère à la Réunion. Jusqu’au jour où, sur une décision politique dans les années 1970, il est arraché à son village et sa famille pour être placé dans une famille rurale dans la Creuse. C’est le choc. On suit non seulement Gabriel, mais plusieurs personnes qui gravitent autour de lui. Toutes ces personnes sont croquées avec une plume que j ‘ai apprécié, très en pudeur et factuelle… C’est une histoire vraie (pour cette histoire d’enfant enlevé de la Réunion pour « repeupler » la Creuse), poignante, avec des points de vue qui permettent de varier les visions de la même histoire.

Pour aller plus loin, je vous conseille la série de podcast « L’enfant déraciné » sur Binge Audio.

Les infos pour suivre Fanny Laurent ici et son Insta

  • Les nuits bleues d’Anne-Fleur Multon : une romance très jolie qui se passe pendant le confinement. J’ai trouvé ce petit livre frais, sympa à lire et ça m’a fait du bien au coeur d’avoir une histoire d’amour lesbienne qui se finit bien. Merci Ambre pour le conseil !
  • Potions et trahisons de Astrid Sterin (merci pour le service presse !) : j’ai eu le bonheur de lire en avant première le deuxième tome d’Automates et fiançailles, dont je vous ai déjà parlé : changement de sœur, mais on reste dans l’univers steampunk mélangeant magie, potions et robotiques, j’ai adoré ! Une super duologie !
    D’ailleurs, l’autrice a lancé un financement Ulule pour une super belle édition intégrale des Pérégrinations de Lady Vinchka (je vous en ai parlé aussi dans l’épisode 45, sorti l’été dernier !).
    Pour suivre le travail d’Astrid : https://astrid-sterin.fr/
    Pour découvrir la campagne Ulule et l’attachante Lady Vinchka

Catégorie Young Adult et jeunesse

  • Les fleurs les plus dangereuses n’ont pas d’épines de Lydie Tabarin (au très chouette compte insta) : Une ambiance 19e, avec une histoire de thés, de rivalités entre deux femmes issues de familles concurrentes, sur fond d’amour, de complot… J’avais très envie de découvrir ce premier roman young-adult et j’ai beaucoup aimé cette lecture ! J’ai notamment bien aimé le personnage de Feng qui est super bien écrit. Et j’ai hâte de découvrir les prochains romans de l’autrice !
  • De délicieux enfants de Flore Vesco : Impossible de passer à côté parce que c’est Flore Vesco, une couverture superbe et une nouvelle réécriture de conte ! J’ai beaucoup aimé ce dernière roman qui réécrit de manière originale et contemporaine Le Petit Poucet. On a des personnages qui ont chacun une voix bien distincte, et j’ai trouvé que les rebondissements étaient toujours surprenants. En plus de ça, la couverture est encore une fois superbe : un bon roman adolescent, que j’ai aimé dévorer (presque comme une ogresse !).
  • Sauveurs et fils, tome 1, de Marie-Aude Murail : Sauveur est un psychologue, qui reçoit de jeunes patients chez lui. Il se trouve qu’il est noir et père célibataire. Dans ce roman doux, feel-good, on aborde pourtant des thématiques pas toujours faciles avec tact. J’ai trouvé ça très chouette ! On suit autant Sauveur, que ses patients, mais également le fils de Sauveur, qui écoute aux portes les histoires des uns et des autres. Un très beau roman, je pense que je me plongerais avec plaisir dans les suivants !

Catégorie Romans graphiques :

  • La bête de Franck Pé et Zidrou : une BD en deux tomes qui raconte l’histoire du Marsupilami, animal iconique de mon enfance, de manière plus sombre et tourmentée que dans la BD originelle. Je vous lis le résumé : Capturé en pleine Palombie par des Indiens Chahutas et vendu à des trafiquants d’animaux exotiques, un marsupilami débarque dans les années 50 au port d’Anvers. Réussissant à s’enfuir, il arrive dans la banlieue de Bruxelles et est recueilli par François, un jeune garçon fan d’animaux dont le quotidien est loin d’être facile. Le début d’une aventure passionnante, parfois sombre mais toujours porteuse d’espoir, et d’une belle amitié. J’ai vraiment trouvé ça très bien fait, sur fond de société enjeux de la société française post 2GM Avis aux fans qui ont aimé le marsupilami drôle et lumineux, vous pouvez découvrir une version plus sombre du personnage. Pour ma part, ça m’a bien plu, mais c’est mieux de le savoir ! Je n’ai pas été particulièrement fan du dessin par contre.
  • Je suis leur silence de Jodi Lafebre :Une BD dont l’intrigue se situe à Barcelone. On suit Eva Rojas, une jeune psychiatre, qui s’est retrouvée mêlée à une affaire étrange il y a quelques jours. Elle s’est retrouvée invitée à la lecture du testament du grand-père d’une de ses patientes, dans les vignes du domaine familial de cette dernière. Les Monturos, qui ont fait fortune grâce à leurs vignes pendant la période franquiste, semblent dissimuler quelques secrets. Tout empire lorsqu’un des membres de la famille est assassinée. Eva se retrouve à mener l’enquête pour prouver son innocence. Le tout, en compagnie de trois personnages qui lui parlent dans sa tête. J’ai adoré cette BD, les personnages très hauts en couleurs, les couleurs lumineuses du roman graphique. J’ai trouvé que le mélange entre la comédie et le polar était très bien dosé, ça mélange humour et enquête policière avec brio.

[Les exclusivités du blog]

Où je vous parle de davantage de lectures (encore) !

  • L’énigme de la chambre 622 de Joël Dicker. Je lis très peu de romans policiers, et pas beaucoup de Joël Dicker. Mais, j’aime bien les écouter en livre audio ! J’ai donc profité d’un bon ménage de printemps pour commencer l’énigme de la chambre 622. Ça se passe en Suisse, c’est divertissant, et il y a des rebondissements : j’étais contente de me plonger là dedans. J’ai enchaîné ensuite par une lecture audio en duo sur La disparition de Stephanie Mailler du même auteur. J’ai adoré l’expérience d’écoute à deux, surtout parce qu’on avait des hypothèses, des blagues liées à cette écoute et qu’on a suivi ça comme une série. Je suis quand même gênée par les personnages féminins chez l’auteur : ce sont soit des potiches, soit des saintes, soit des femmes vénales et diaboliques. Bref, dommage, mais ça m’a donné envie d’écouter d’autres livres audio et ça c’est chouette !
  • La machine à aimer de Lou Jan. J’ai trouvé que c’était très joliment écrit, et j’aime beaucoup les histoires de robots ! C’était original, et très court une fois de plus ! Je recommande pour les amatrices de SF, qui ont envie de se poser des questions sur l’identité.
  • Le guide de l’écriture introspective de Louise Morel : j’aime beaucoup la newsletter de Louise Morel, que je lis régulièrement et que je reçois depuis un an environ. J’avais profité de l’offre de lancement de son essai Le guide de l’écriture introspective pour me le procurer, et j’ai pris le temps de suivre ce court programme de quelques jours. J’ai beaucoup aimé et je conseille pour les personnes qui cherchent un programme court pour se lancer dans l’écriture introspective !
    Des infos ici
  • Ils abusent grave. Du féminisme et des sciences sociales en BD. d’Erell Hannah et Fred Cham
    Résumé de la quatrième de couverture : Pourquoi y a-t-il autant de portraits de Cléopâtre à poil ? Pourquoi les psychopathes des séries TV sont-ils si séduisants ? Comment expliquer le manque d’empathie de certains policiers ? Pourquoi entend-on soudain parler partout de “dépendance affective” ? Et, est-ce que les femmes se font passer pour plus bêtes qu’elles ne sont ?… Autant de questions qui empêchent Erell Hannah de dormir la nuit ! Bien décidée à obtenir des réponses, l’autrice farfelue part alors mener l’enquête auprès de scientifiques, de sociologues, et de militantes, et nous partage ses réflexions, plus ou moins sérieuses !

    J’ai lu pas mal de BD documentaire sur les sujets de sciences sociales, et celle-ci se démarque. Elle est claire, va droit au but et aborde les questions de sciences sociales de manière large, avec des exemples parlants et drôles. Vraiment une super BD à mettre entre toutes les mains, y compris celles et ceux qui ne comprennent pas « pourquoi on en parle tout le temps ! » !
  • Minuscule folle sauvage de Pauline de Taragon (dite Pi Ja Ma) :

« A quel moment puis-je décider que je suis folle ? »

Minuscule folle sauvage, Pauline de Taragon

Cette BD m’a touchée en plein cœur. Avec de très beaux dessins à l’aquarelle, des couleurs claires, de l’humour et de la poésie, Pi Ja Ma parle de son trouble borderline. C’est très beau, très sensible. Et c’est un dialogue intime qui se noue entre elle … et nous peut-être ? Car cette BD ne parle pas que de trouble borderline, mais aussi de se sentir en décalage, d’être introverti, d’avoir peu, d’être triste. Je le recommande très fort, je l’ai trouvé très joli, doux et mélancolique. Une très belle lecture.

  • Heartstopper T5 d’Alice Oseman : J’étais si heureuse de voir l’avant dernier tome de Heartstopper arriver ! J’ai plongé avec délice dans la suite des histoires de Nick et Charlie, et je recommande toujours aussi chaudement (voir la chronique d’avril 2023, ou mes coups de coeur de l’année 2023 en version ASMR !).
    Ca m’a donné envie de déterrer le roman Solitaire de la même autrice de ma pile à lire (PAL pour les adeptes de #bookstagram). Au programme, le point de vue de Tori, la sœur de Charlie. Elle est pessimiste, triste, elle en veut à la Terre entière. Lorsque le mystérieux collectif « Solitaire » apparaît, elle se met à mener l’enquête. Car ça semble tourner autour d’elle… Je l’ai lu en anglais, il est très accessible, je le recommande donc à la fois pour celles et ceux qui veulent suivre une chouette histoire du point de vue d’un personnage secondaire de Heartstopper ET celles et ceux qui cherchent un livre facile à lire en anglais. Merci Eponine de m’avoir prêté ce livre pour un bon moment, et on se voit très vite j’espère pour je puisse rendre les nombreux livres que j’ai pris en otage 😉

Est-ce que ce format hybride vous a plu ? J’espère que oui, j’aime vraiment écrire sur le blog !

En tout cas, c’est parti pour l’été avec des lectures variées !

On se dit à très vite pour découvrir de nouveaux livres à croquer… ou à dévorer !

Episode 57 – Se lancer sur les pas de familles déportées pendant la Shoah, avec “Le bureau d’éclaircissement des destins” de Gaëlle Nohant

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Aujourd’hui, le livre qu’on croque, c’est le Bureau d’éclaircissement des destins, un roman de Gaëlle Nohant.

Irène, une femme française qui vit en Allemagne depuis quelques années, divorcée, a un travail un peu atypique : elle travaille à Archives Arolsen, anciennement l’International Tracing Service, le plus grand centre de documentation sur les persécutions nazies. En 2016, l’objectif d’Irène est de trouver les propriétaires ou la famille de victimes de camps de concentration, le tout à partir d’un objet, même le plus insignifiant aux premiers abords. Il s’agit d’un travail dévorant, obsédant, où elle se lance à corps perdu et où elle croise les fantômes de Wita, une jeune polonaise, Lazar qui a changé de nom, et, plus proche d’elle, son amie et collègue décédée, Eva. Un livre historique richement documenté, passionnant, regorgeant d’anecdotes glaçantes et de moments d’humanité, posant la question de « comment ne pas oublier l’horreur ? ». Ce roman parle d’antisémitisme, de nazisme, d’archives et de relations humaines, mais aussi de transmission et de deuil intergénérationnel.

Ce roman, en fait, il foisonne, il parle de tant de choses liées à la guerre et aux génocides sous le régime nazi, il bourdonne d’informations et de vies qui palpitent entre les pages. Je me suis vite attachée à Irène, qui a l’impression d’être responsable de son divorce, et qui cherche de manière obsessionnelle les héritiers et héritières des personnes déportées. Quitte à disparaître sous ce travail de quête et ne pas se demander pourquoi elle est arrivée là. Car après tout, dans ce travail particulier, en lien avec la mémoire, il y a toujours une réponse à une question intime qu’on cherche.

C’est un roman touchant, essentiel, qui montre à quoi servent les archives et surtout celles de cette période : à montrer que ces personnes ont existé, qu’elles ont subi des choses terrifiantes, inimaginables. On découvre ce centre rempli de plus de 30 millions de documents, destinés à rétablir une justice pour les victimes ou leur famille. Les enquêtes d’Irène, entre archives et investigations, se mêlent habilement et le roman est très prenant, les personnages marquants. C’est l’équilibre parfait entre le romanesque et l’historique, sans atténuer ou dénaturer le thème de la Shoah, le roman le met en valeur. Histoires de vies personnelles se mêlent à l’Histoire avec un grand H avec beaucoup de tact et de délicatesse, sans enlever de leurs difficultés et de l’horreur. Même si la Shoah était marquée par le fait de vouloir effacer les individus, supprimer les traces de leur passage sur Terre totalement, ce type de roman montre à quel point les archives et les témoignages sont essentiels pour garder un lien et une mémoire vive de cette période historique.

Ca fait deux fois que je lis un livre sur le thème de la Shoah cette année, et j’ai trouvé que c’était à chaque fois un un très beau roman. Il a fait écho, dans un tout autre style et un ton entièrement différent, avec Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon. Je vous recommande chaudement Le bureau d’éclaircissement des destins si vous voulez découvrir Irène et les vies incroyables et tragiques des personnes qu’elle recherche.

Livre chroniqué : Le bureau d’éclaircissement des destins, Gaêlle Nohant, éditions Grasset, 2023

Conseil lecture : Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon

Musique du générique :

Credits: Not The King – Ice Tea – Royalty Free Vlog Music — Music By Not The King

Musique d’ambiance pour la lecture :

Titre: heklAa – Vik, dispo ici : https://blackhill1.bandcamp.com/album/rivers-shores

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A très vite, pour découvrir un nouveau livre à croquer… ou à dévorer !

Episode 56 – Etre une prodige aux échecs avec Le Jeu de la dame de Walter Trevis

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Aujourd’hui, le livre qu’on croque, c’est Le jeu de la dame de Walter Trevis. C’est le livre qui a été à l’origine de l’adaptation en série The Queen’s Gambit sur Netflix !

C’est l’histoire de Beth Harmon, orpheline étasunienne renfermée sur elle même, qui se découvre un talent et une passion pour les échecs. Elle est brillante et va monter les échelles des concours d’échec nationaux et internationaux. Mais tout ne se joue pas sur un plateau de 64 cases noires et blancs : derrière le jeu, se cachent des intrigues politiques notamment entre les USA et l’URSS, et beaucoup de misogynie. Beth devra affronter ses propres démons et des adversaires redoutables pour être à la hauteur.

C’est simple : j’ai eu du mal à reposer le livre. Il était écrit d’une manière très fluide, addictive, j’avais toujours envie de connaître la suite. Je me suis intéressée aux échecs, aux techniques qu’apprend Beth et je me suis même mise à apprendre le jeu suite à cette lecture. Elle m’a vraiment happé ! Le personnage de Beth est plein de failles et de lumières, un portrait subtil d’une femme géniale dans un milieu qui a du mal à lui faire une place. J’ai aussi appris des choses sur les orphelinats aux USA en 1950/60 : on donnait aux enfants des cachets pour les rendre plus dociles. Et lorsque cette pratique a été condamnée, les enfants se sont retrouvés subitement en pleine désintoxication contre leur gré ! Une enfant passionnée, baladée de l’orphelinat à une famille en toc, ce sont les échecs qui sont toujours sa bouée de sauvetage … ainsi que des addictions diverses et variées. Beth est butée, obstinée, mauvaise perdante, elle veut gagner, elle sait qu’elle est brillante et elle veut le montrer aux autres. Et on s’attache beaucoup à cette femme qui semble parfois distante, souvent peu sensible et seule, parce qu’on la suit depuis ses huit ans et ses premiers pas vers un jeu qui révèle son talent.

Je vous conseille ce roman si vous avez aimé la série, si vous cherchez une lecture facile et addictive, et si vous n’avez pas peur de vous retrouver happé par les échecs. A vos risques et périls !

Livre chroniqué : Le jeu de la dame de Walter Trevis, éditions Gallmeister 2021

Une chronique qui dit que ce roman « se lit comme un thriller » ! : https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/le-jeu-de-la-dame-le-roman-de-walter-tevis-qui-a-inspire-la-serie-a-succes-se-lit-comme-un-thriller_4639693.html

Musique du générique :

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Musique d’ambiance pour la lecture :

Tajemství · Alen · Alena Karkošková · Alena Karkošková · Martin E. Kyšperský

Alen

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Episode 32 – Chercher sa jumelle dans les Etats-Unis des années 50, avec L’autre moitié de soi de Brit Bennett

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Aujourd’hui, le livre qu’on croque, c’est L’autre moitié de soi, un roman de l’autrice étatsunienne Britt Benett.

L’histoire se déroule dans une ville du Sud des Etats-Unis dans les années 50 alors que la ségrégation n’est pas encore abolie. Desiree et Stella naissent dans un village de personnes noires mais qui sont blanches de peau, et fières de l’être. Elles s’enfuient toutes les deux à New Orleans pour rechercher une liberté qui leur échappe dans ce petit village.

Le roman se passe sur quasiment toute la vie des jumelles et celles de leurs enfants. En effet, Desiree revient 14 ans plus tard avec sa fille à la peau noire. Sa sœur, elle, a décidé de mener “une vie de blanche ” quitte à couper les ponts avec toute sa famille et disparaître pour se construire cette nouvelle vie. Dans un monde où la couleur de peau est déterminante et n’est pas tant liée à la quantité de mélatonine qu’à une goutte de sang noir parmi ses ancêtres, on suit deux jumelles déchirées, avec des choix de vie radicalement différents, qui vont grandir. C’est un très beau livre, fort.dans ses thématiques et son écriture. J’ai aimé l’histoire rapidement : les personnages sont humains avec leurs contradictions et leurs peines. Ils et elles sont décrites sans concession et avec tendresse tout à la fois. Plusieurs rebondissements attendent le lectorat dans cette recherche d’identité et de transgression, j’ai beaucoup accroché à ces aller retour passé/présent qui font avancer l’histoire progressivement. L’autrice dresse un regard affûté sur la ségrégation et sa fin officielle (mais pas vraiment officieuse) aux USA tout le long du roman. J’ai vraiment eu l’impression qu’elle nous prenait par la main des le début pour nous guider dans le quotidien de Desiree, qui rêve d’autre chose que ce village de noirs qui sont enchantés par la pâleur de leur peau. On ressent en plus sa douleur d’avoir été trahie par la moitié d’elle-même. Comment se reconstruire et savoir qui on est, toute seule, lorsqu’on a toujours été deux ? Comment trouver sa place ? C’est vraiment un très beau roman, qui aborde le racisme, le poids de la transmission, notamment celle des traumatismes et l’héritage de la ségrégation. Ce qui est fort, c’est qu’elle aborde tout ça à la fois et pas seulement, grâce à une galerie de personnages très humains qui se déploient au fil du roman, tout au long de la deuxième moitié du 20e siècle

Je vous recommande ce roman si vous cherchez une histoire qui parle de trouver sa place, d’ignorer ou pas ses racines, avec un angle rarement utilisé pour parler du racisme (le cas des “noirs-blancs”).


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 Livre chroniqué : L’autre moitié de soi, de Brit Bennett, Editions Autrement, 2020

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Musique du générique :

Credits: Not The King – Ice Tea – Royalty Free Vlog Music — Music By Not The King

Musique d’ambiance : musique libre de droits gratuite Country Ballade années 50 @musiqueslibresdedroits

 https://www.youtube.com/watch?v=8ZfRlD8rxQQ

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Episode 29 – Passer une nuit au musée avec Lola Lafon dans “Quand tu écouteras cette chanson”

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Aujourd’hui, le livre qu’on croque c’est Quand tu écouteras cette chanson, un livre de Lola Lafon. C’est un livre qui s’inscrit dans la collection « Ma nuit au musée ” des éditions Stock.

 Lola Lafon décide de passer une nuit au musée Anne Frank, à Amsterdam.

L’autrice tisse des liens entre l’histoire d’Anne Frank et la sienne. Loin d’être un simple témoignage, le Journal est en effet aussi une photographie de l’adolescente irrévérencieuse qu’était Anne Frank (comme le sont les ados !). Lola Lafon parle du Journal comme objet de réflexion sur l’écriture (il était pensé comme telle par son autrice, qui voulait être écrivaine). Elle parle des utilisations, censures et manipulations de ce journal réalisées pour lui donner une portée universelle ( considéré comme trop sombre ou parlant trop de judéité !!! Le comble !!!). Il a donc été modifié ou coupé lors de ses adaptations en film ou au théâtre en enlevant ce côté « trop juif » (ça m’a beaucoup choqué, mais j’arrête là avec les points d’exclamation !).

Ce qui fait la beauté de ce livre c’est donc ces moments historiques avec un grand H qui se mélange avec l’histoire personnelle de Lola Lafon. L’autrice se confie sur sa judéité, son rapport à la Shoah, son histoire familiale et personnelle, jusqu’à livrer la clé du titre, qui met un pont entre Anne Frank et elle-même. C’est un livre qui établit un dialogue entre deux autrices intergénérationnelles.

On m’en avait parlé mais il n’était pas trouvable de suite dans les bibliothèques autour de chez moi. C’est dans une bibliothèque en vacances que j’ai pu l’emprunter, par hasard.

D’ailleurs, merci Papa pour le renouvèlement de carte de bibli qui a permis cette rencontre entre ce livre et moi ;).

Je l’ai commencé dans le métro, sans trop d’attente et avec un peu de curiosité. Je vous le dis de suite : je ne connaissais pas lola lafon et après avoir lu ce livre, je veux découvrir tous les autres livres et romans qu’elle a écrit. Quelle claque ! Ce livre entre autobiographie et biographie est magnifique. C’est sans conteste mon coup de coeur de 2023 pour l’instant, le livre qui me marque le + depuis janvier en tout cas.

Il est bien écrit, les chapitres coulent et se lisent sans peine, l’histoire, ce dialogue entre deux périodes, est prenant, j’ai appris des choses sur Anne Frank (que je n’ai jamais lu et que j’ai envie de lire à présent !), bref : une claque et une bouffée d’air frais tout à la fois ! Lisez le !

Je vous conseille ce roman si vous cherchez un livre prenant et touchant, qui ne pourra pas vous laisser insensible.

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Livre chroniqué : Quand tu écouteras cette chanson, Lola Lafon, Editions Stocks, 2022

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Musique du générique :

Credits: Not The King – Ice Tea – Royalty Free Vlog Music — Music By Not The King

Musique libre de droit gratuite Valse Ballade Violoncelle

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Episode 25 – Mes dernières lectures Printemps du livre Grenoble 2023 – le dernier Alice Zeniter, érotisme adolescent et apprendre à donner des coups

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Aujourd’hui, le livre qu’on croque eh bien… ce sont plusieurs livres !

L’épisode d’aujourd’hui est un peu spécial, vu qu’il recouvre trois chroniques courtes, un peu à la manière des chroniques du mois passé. L’objectif est de vous parler des lectures que j’ai lu, aimé et qui ont en plus le bon goût d’être dans la sélection Printemps du livre Grenoble 2023 !

Le premier livre dont je veux vous parler car je l’ai fini depuis ma dernière chronique du mois passé, c’est Toute une moitié du monde, d’Alice Zeniter, une autrice que j’admire beaucoup. J’ai trouvé que toute une moitié du monde avait des passages pertinents, qui m’ont touché ou marqué et m’ont donné envie de les écrire pour me souvenir. L’idée, c’est que la littérature semble oublier toute une moitié du monde, notamment les femmes, qui sont invisibilisées, que ce soit dans des personnages peu intéressants ou au niveau de l’écriture. Ce serait réduire cet essai que de ne parler que de ça, mais en tout cas, je vous le recommande si vous avez envie de savourer les notes de bas de page complices d’Alice Zeniter, apprendre des choses et réfléchir un peu par la même occasion.

Le deuxième livre que j’ai lu, c’est Apprivoiser l’été, de Marie Boulier, qui est un roman à destination des ados. Dans ce livre, on suit l’été d’Olivia, une adolescente qui s’ennuie et va se poser des questions pendant son été un peu vide. Ses amis de toujours s’éloignent, obsédés selon elle par des histoires de coeur ou l’envie de “le faire”, elle ne se sent pas à l’aise avec son corps qui change et ses parents semblent sourds à ses problèmes. La rencontre avec Eole et son groupe des Queer Moustaches va être un vrai électrochoc : ça se construit comment une identité ? Comment je suis qui je suis ? Comment découvrir mon corps qui change ? Pourquoi je me sens en décalage avec tout le monde et avoir ce qu’on attend de moi ? D’ailleurs, qu’est-ce que je veux ? J’ai trouvé que la manière d’aborder le thème de l’adolescence était très juste et douce. On suit avec empathie Olivia dans ses révoltes et ses questionnements. C’est un vrai passage de l’enfance aux rivages de l’adolescence qui est conté dans ce roman. Je vous le recommande si vous voulez un rayon de soleil traversé par un arc en ciel dans vos lectures, ou si vous connaissez des adolescent-es pas très bien dans leur peau. Apprivoiser l’été paraît dans la collection de romans érotiques pour adolescents L’Ardeur chez Thierry Magnier

 (lecture d’un passage court du roman Poids Plume de Mick Kitson)

Le dernier livre que j’ai lu, et qui clôt cette sélection de dernière minute, c’est Poids Plume de Mick Kitson, un roman qui nous plonge dans l’Angleterre de la fin du XIXe siècle. On y suit Annie, une jeune Rom, qui est vendue pour permettre à sa famille de survivre (ça commence bien !). Elle est achetée par un ancien boxeur, Bill Le Slasher, qui ouvre un bar à bières dans un quartier populaire et grandit là bas. Pour se défendre, elle se met à apprendre la boxe, qui devient aussi une passion et un gagne pain. Lorsqu’une école pour pauvres ouvre à côté de chez elle, elle se met à utiliser les mots autant que ses poings. On découvre les combats de boxe illégaux, les mouvements de grève ouvrière, le racisme anti-Rom, le sexisme mais aussi des personnalités féminines éclatantes de vitalité et se creusant une place dans cet environnement hostile. On s’attache à Annie qui devient une jeune boxeuse accomplie et puissante. C’est un beau récit, captivant, qui nous fait voir le monde par moment du point de vue d’Annie et sa façon de voir le monde. La description de la misère et des écarts de richesse est marquante et c’est une lecture qui nous oblige à retenir notre respiration par moment. A priori, c’est l’histoire de l’arrière grand-mère de l’auteur !

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Vous avez lu un de ces romans ? Il vous a plu ? J’ai lu ces livres car il était dans la sélection du #PDLGrenoble2023 et je découvre de jolies choses. J’ai hâte de rencontrer les auteurices lors de cet évènement littéraire : j’ai prévu notamment d’aller à la rencontre entre Marie Boulier et les éditions L’Ardeur. On s’y retrouve ?

N’hésitez pas à regarder les anciens épisodes du podcast pour découvrir ou redécouvrir des livres déjà croqués. J’ai notamment fait une sélection PDLGrenoble 2023 sur Instagram si ce thème vous intéresse particulièrement. Si vous voulez être invité-e dans le podcast ou me faire un retour, n’hésitez pas ! Je suis joignable à @lacroqueusedelivrespodcast tout attaché sur Instagram ou par mail à lacroqueusedelivres@gresille.org. Les informations sont dans la description de l’épisode.

Je vous dis à très vite pour découvrir un nouveau livre à croquer… ou à dévorer !

Livres chroniqués

 – Toute une moitié du monde, Alice Zeniter, éditions seuil, 2022

– Apprivoiser l’été, de Marie Boulier, éditions Thierry Magnier, collection l’Ardeur, 2022

– Poids plume de Mick Kitson, éditions Métaillié, 2022 (a remporté le prix Jules Rimet 2022)

Musique du générique :

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Bruitage pour le moment de lecture (foule) :

 https://www.youtube.com/watch?v=bV6nZ5J80j4&list=PLeI6bweAZG8RmoUqrpBnvlymqLr8r69Q3

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A très vite, pour découvrir un nouveau livre à croquer… ou à dévorer !

Episode 14 – Traquer les opposants au régime en URSS avec “Les services compétents” d’Iegor Gran

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Aujourd’hui, le livre qu’on croque c’est Les services compétents d’Iegor Gran, un roman autobiographique à la fois drôle et glaçant sur l’URSS dans les années 60. Il est très prenant et facile à lire pour information !


La course poursuite entre le KGB – les services compétents – et Abraham Tertz, un intellectuel russe qui a l’outrecuidance de critique le réalisme soviétique et est donc classé comme anti-soviétique est captivante. On connaît déjà la fin : car même s’ils sont un peu ridicules par moment sous la plume acérée d’Iegor Gran, les services compétents sont effectivement compétents. Ce n’est qu’une question de temps.


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Je vous recommande ce roman qui parle avec un ton bien particulier de l’autoritarisme et de l’URSS pendant la Guerre Froide, via une course poursuite sur 6 ans.

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Vous avez lu ce roman ? Cette chronique vous a donné envie de le lire ? N’hésitez pas à me donner votre avis sur cet épisode et le podcast en général, je suis joignable par mail à lacroqueusedelivres@gresille.org ou sur Instagram @lacroqueusedelivrespodcast et vos retours me sont précieux !


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A très vite pour découvrir un livre à croquer… ou à dévorer !


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Livre chroniqué :Les services compétents de Iegor Gran, éditions P.O.L, 2020

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Musique du générique :

Credits: Not The King – Ice Tea – Royalty Free Vlog Music — Music By Not The King

Musique d’ambiance pour l’extrait lu :

Crédits à : https://www.youtube.com/channel/UCOaT… Instagram : @florent_combe Mail : contact@florentcombe.com